Organisation
Le moment partagé après la cérémonie : qui est invité, où il a lieu, ce que l'on sert, ce que cela coûte et comment vous comporter en invité.
Après une cérémonie d'adieu, la famille invite souvent à se retrouver autour d'une table. En Suisse romande, on parle de collation, de verrée ou de repas d'enterrement ; en Suisse alémanique, de Leidmahl, de Trauerapéro ou de Trauerkaffee. Famille, amis et souvent d'autres invités mangent ensemble et parlent de la personne disparue.
La coutume est ancienne. En 1940, le folkloriste Eduard Hoffmann recensait ses nombreux noms, dont « Satamo » en Suisse romande. Pour le canton de Vaud, l'inventaire du patrimoine immatériel décrit la collation comme le moment qui « symbolise la reprise de la vie ». Aujourd'hui, elle est le plus souvent simple, et elle reste facultative. Ce guide explique les usages, pour les familles comme pour les invités.
Il n'existe pas de définition fixe. Dans la pratique, on distingue surtout selon l'ampleur :
La forme qui convient dépend du nombre d'invités, de l'heure et du budget. Pour beaucoup de familles, c'est le moment où la tension de la cérémonie retombe.
Autrefois, le repas comptait souvent de nombreux plats, et les autorités tentaient par des interdictions répétées d'en limiter le faste, rapporte Hoffmann. Dans la région bernoise, on distinguait un repas « à la viande » d'un repas plus modeste « au fromage ». Il n'en reste rien aujourd'hui : une assiette froide est tout aussi convenable qu'un menu.
La famille décide qui vient. Aucune règle ne s'impose. Trois façons de faire sont courantes et se combinent :

Si le restaurant n'est pas encore connu au moment de l'impression, le pasteur, le prêtre ou l'officiante peut l'annoncer à la fin de la cérémonie. Inviter un petit cercle ne demande aucune justification : chacun comprend qu'une famille ne puisse ou ne veuille pas recevoir cinquante personnes. L'essentiel est que l'invitation soit claire, pour que personne ne reste hésitant devant la porte du restaurant.
Le plus souvent, le repas a lieu dans un restaurant proche de l'église ou du cimetière. Beaucoup d'établissements ont des offres spécifiques avec des propositions de menus. Un restaurant zurichois proche du cimetière de Nordheim dit en avoir servi plus de 1000.
Autres possibilités : une salle de paroisse, un local de société ou le domicile familial. Les paroisses catholiques du Mutschellen (AG), par exemple, louent leur salle paroissiale sur demande. Si la cérémonie a lieu dans un centre funéraire, demandez à l'administration du cimetière si une collation est possible sur place.
L'heure de la cérémonie détermine souvent la forme. Après une cérémonie le matin, un repas de midi s'impose ; après une cérémonie en début d'après-midi, on sert plutôt un goûter. Un restaurant zurichois organise ses repas de deuil le plus souvent entre 15 et 17 heures.
Pour la réservation, la commune d'Aesch conseille d'indiquer le nombre approximatif d'invités et de convenir à l'avance de ce qui sera servi. Une auberge demande le choix du menu et le nombre de personnes au plus tard 72 heures avant. Sur les cartes de restaurants alémaniques consultées, on trouve par exemple :
Les restaurants savent que le nombre d'invités est difficile à prévoir le jour même ; certains proposent des menus volontairement souples. Si la famille ou des invités suivent des règles alimentaires religieuses, sans porc ou sans alcool par exemple, mentionnez-le à la réservation. Signalez aussi la présence d'enfants et les personnes âgées ou à mobilité réduite qui ont besoin d'une place près de l'entrée. Une table avec une photo de la personne disparue est un geste simple que beaucoup de familles apprécient.
Le coût dépend surtout du nombre d'invités. Des cartes de restaurants de Zurich et de Wädenswil donnent un ordre de grandeur : un plat principal y coûte environ CHF 20 à 30 par personne, certains plats davantage, un dessert environ CHF 7.50 à 11, boissons en sus. Un restaurant zurichois propose une assiette de deuil à CHF 30. Les prix en Suisse romande peuvent différer ; demandez une offre sur place.
Un exemple de calcul : 40 invités avec un plat à CHF 25 font déjà CHF 1'000, sans boissons ni dessert. Une verrée ou un café-gâteau coûte nettement moins. Certaines cartes datent de quelques années ; demandez les prix actuels.
Paie celui qui invite, en règle générale la famille. Le repas est souvent réglé par la succession. En Suisse, les frais funéraires font partie des dettes de la succession ; ce qui en relève exactement est réglé par les cantons, et le repas n'est pas traité de la même manière partout. S'il y a plusieurs héritiers, mettez-vous d'accord avant. Ce que la commune prend en charge est expliqué dans Coûts des obsèques en Suisse.
Quelques repères qui rassurent beaucoup d'invités :
Pour la tenue, les mêmes repères qu'à la cérémonie s'appliquent, voir Tenue pour un enterrement. Si vous arrivez directement de la cérémonie, inutile de vous changer.
Le repas n'est pas une obligation. Le formulaire de prévoyance « Dispositions en cas de décès » de la Banque cantonale de Zurich prévoit expressément une case pour ne pas souhaiter de Leidmahl. Certaines familles y renoncent faute de forces, parce que la cérémonie a lieu dans l'intimité ou parce que l'argent est nécessaire ailleurs. Le même formulaire permet aussi de noter ses propres souhaits ou de laisser délibérément la décision aux proches.
Qui ne veut froisser personne ne mentionne simplement pas de repas dans l'avis, invite à un café bref ou à une petite rencontre plus tard. Comme invité, ne posez pas de question si aucun repas n'est annoncé.
À l'inverse, un invité peut aussi décliner. Un mot d'excuse à la famille suffit, sans justification. Qui était à la cérémonie a déjà montré sa sympathie.
Réservez dès que la date et le lieu de la cérémonie sont fixés, en indiquant un nombre approximatif d'invités. Sur demande, nous faisons imprimer la carte d'invitation avec le faire-part, voir Avis mortuaire et faire-part. Nous préparons avec vous la cérémonie qui précède ; ce que nous prenons en charge figure sous Cérémonie d'adieu.
Questions & réponses
C'est le mot alémanique pour le repas qui suit une cérémonie d'adieu, le plus souvent au restaurant. En Suisse romande, on parle plutôt de collation, de verrée ou de repas d'enterrement. Famille et invités se retrouvent et évoquent la personne disparue.
La famille décide. Soit tous les participants sont invités, ce qui figure dans l'avis ou le faire-part, soit un cercle choisi reçoit une carte d'invitation. L'invitation est souvent aussi annoncée à la fin de la cérémonie.
Sur des cartes de restaurants de Zurich et de Wädenswil, un plat principal coûte environ CHF 20 à 30, un dessert environ CHF 7.50 à 11, boissons en sus. Une verrée ou un café-gâteau coûte moins. Demandez une offre au restaurant choisi.
En règle générale la famille qui invite, souvent par la succession. Il n'existe pas de règle uniforme ; avec plusieurs héritiers, mieux vaut s'accorder avant. Les invités ne paient rien.
Non. C'est une coutume, pas une obligation. Beaucoup de familles y renoncent ou invitent seulement à un café, et c'est compris.
Rien de particulier. C'est un moment ensemble, pas une cérémonie avec un programme. Les souvenirs et les anecdotes sur la personne disparue sont bienvenus, même joyeux.